Je serai Charlie !

Sept janvier 2015. 11h30. Le choc. L’incompréhension. Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Wolinski, Elsa Cayart, Bernard Maris, Franck Brinsolaro, Mustapha Ourrad, Michel Renaud, Frédéric Boisseau, Ahmed Meranbet. Ils sont tous morts. La colère. La rancœur.

707192-une-charlie-pngLes frères Kouachi n’ont pas tué des hommes, ils ont tué des symboles. Les journalistes du très satirique Charlie Hebdo représentaient à eux seuls la liberté d’expression. Ils se seront battus jusqu’au bout. Constamment menacés de mort et au bord du gouffre financier, les journalistes et caricaturistes de Charlie préféraient mourir debout que vivre à genoux. Leur crédo ? Tourner en dérision les laideurs de notre monde.

Bien sûr, on peut critiquer ce journal. Certains le qualifient de choquant, vulgaire, insolent,… Qu’importe ! Il a le droit d’exister. Il a même le devoir d’exister. La présence d’un tel média est synonyme d’une démocratie saine. Je suis de ceux qui pensent que l’on peut rire de tout et même que l’on doit rire de tout. Y compris de la religion. Le blasphème n’existe pas en France et c’est tant mieux.

Chérif et Said Kaouchi n’étaient pas musulmans, c’étaient juste des terroristes dictés par la haine de l’autre, endoctrinés même. Après les premières émotions de l’attentat, s’ajoute une peur qui monte en moi. La peur de l’amalgame, d’une montée du FN, d’une récupération politique, de la montée du racisme. C’est le contraire qui a eu lieu. Au lieu de diviser les Français, cet attentat les a rassemblés.

Une marrée humaine dans toutes les grandes villes de France. Quatre millions de personnes dans les rues : on n’avait pas vu ça depuis la Libération… C’est comme si nous avions eu besoin de ce choc pour se souvenir de nos valeurs. Un sursaut républicain a eu lieu. Les dizaines de manifestations spontanées étaient silencieuses.

Seul un slogan parle : « Je suis Charlie »

Les réseaux sociaux s’affolent, le monde entier est tourné vers la France pour saluer sa manière de se relever. Quarante-quatre chefs d’État et de gouvernement du monde entier participent à Paris à la marche républicaine le dimanche 11 janvier 2015 à Paris. Parmi eux, des chefs d’états hypocrites qui n’autorisent pas la liberté d’expression dans leur propre pays. Mais peu importe, le symbole est fort.

Les Français, qui pour la plupart n’ont jamais lu Charlie hebdo, ne se contentent pas de défiler dans les rues. Ils retrouvent le chemin des kiosques à journaux et ce, très tôt le matin. Les buralistes n’en croient pas leurs yeux. Le numéro 1178 de Charlie marquera l’Histoire, il sera tiré à 8 millions d’exemplaires. Contre 30 000 avant l’attentat. Du jamais vu.

Les terroristes ont voulu tuer un journal. Ils lui ont redonné une nouvelle vie et ont fini la leur dans une imprimerie.

Les semaines ont passé mais cet élan ne doit pas s’essouffler. Nous sommes aujourd’hui au lendemain des élections départementales. Le Front national n’a pas gagné un seul département. Et j’ai la naïveté de croire que les évènements de Charlie hebdo y sont peut-être pour quelque chose.

 

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