Nuits de Fourvière 2015 : un programme de haut vol

Cette année, le festival des nuits de Fourvière a mis la barre très haute avec une programmation de choix. De la pop mélancolique au rock endiablé en passant par la soul, les oreilles des Lyonnais risquent d’être tout émoustillées cet été.

Parmi les artistes qui fouleront la scène de l’amphithéâtre du site gallo-romain des théâtres de Fourvière cette année, voici ceux qui me semblent être les plus intéressants à venir applaudir. Ma sélection est totalement subjective, c’est l’avantage des articles de blog non ? 🙂 Plongeons ensemble dans les univers de Damien Rice, Selah Sue, Christine and the Queens et  Björk : Musique, maestro !

Damien Rice

On commence par Damien Rice. Pour moi, il fait partie des story-teller, de ces chanteurs qui vous racontent des histoires en vous faisant voyager à travers leurs chansons. C’est un surdoué de la musique: auteur-compositeur-interprète mais aussi producteur, chanteur, pianiste, guitariste et j’en passe… Mais c’est surtout un surdoué de l’émotion. On est suspendu à ses lèvres lorsqu’il entame un morceau ; il arrive à jouer la mélancolie, la tristesse, la joie, la colère… tout en gardant sa retenue et sa pudeur. Il faut être un vrai artiste pour chanter « fuck you » de manière si poétique. Sa voix éraillée, écorchée, grave et pleine capte l’attention et nous magnétise. Pour moi, sa meilleure chanson reste et restera 9 crimes qui reflète parfaitement l’intensité de l’irlandais Damien Rice. Ce mec est juste à l’inverse des clichés de la star et ça fait du bien. En tout cas, moi j’ai mes billets 🙂

On quitte l’Irlande pour retrouver notre doux pays et Christine and the Queens. Cette fille et son groupe ont réussi à être salués par le public et la critique. Après les deux victoires de la musique décrochindexées pour son premier album dont celui de l’artiste féminine de l’année, la chanteuse a décidé de conquérir le cœur des  Américains, qui n’hésitent pas à la décrire comme la « Mickaël Jackson » française. Sa musique électro pop teintée de douceur nous réconcilie avec les années 80. Son intelligence et son interprétation toujours juste et sobre mettent en valeur sa voix cristalline. Outre sa musique, on s’attache au personnage. C’est une vraie féministe ! Elle n’a pas envie d’être sexy, elle ne veut pas s’accoutumer des diktats de la mode et veut désirer qui elle veut et quand elle veut. Je vous laisse apprécier un interview qu’elle a donné aux USA qui donne encore plus envie de l’écouter, que ce soit quand elle chante ou quand elle parle.

On continue notre voyage musical en Belgique pour parler d’une sorte d’Ovni, j’ai nommé Selah Sue. La première fois que j’ai entendu le titre Raggamuffin de Selah Sue à la radio, j’imaginais une chanteuse black, plutôt forte et américaine. Et je me retrouve avec une chanteuse blanche, belge et touindexte fine. Et c’est ça que j’aime chez elle, c’est l’effet de surprise qu’elle provoque, le paradoxe entre son physique et  sa voix rauque et intense. J’ai une affection pour les voix rauques qui restent pures, et c’est le cas pour celle de Selah Sue. A  26 ans, elle a su s’imposer dans la Soul Music comme si elle avait déjà derrière elle des dizaines d’années d’expériences de la  scène et du public. L’artiste à l’intemporel chignon décoiffé dit d’ailleurs avoir étudié la psychologie pour mieux comprendre les émotions humaines et, ainsi, les appréhender au mieux dans sa musique.

On termine notre chemin avec un artiste incomparable et inclassable. Les places du concert de Björk le 20 juillet prochaibjork-2007-bernhard-kristinn-2-01n se sont vendues en moins de 15 minutes. L’artiste islandaise viendra présenter son neuvième album intitulé Vulnicura. A l’aube de ses 50 ans, la chanteuse souhaite que ses chansons soient utiles comme des béquilles et qu’elles montrent l’aspect biologique des choses comme la blessure et sa guérison. Je n’ai pas de doute qu’elle réussisse ce pari. Pour moi, Björk est une magicienne ou une sorcière. Mais avec une voix aussi pure et maîtrisée que la sienne, elle ne peut qu’être une gentille sorcière. Elle ensorcelle en faisant appel à des forces lointaines que très peu d’artistes actuels peuvent invoquer. Elle a cette capacité à être hors du temps et à nous emporter dans un univers où l’instrumentalisation est au service de la voix. On entend l’Islande, on entend les légendes, on entend la pureté. Le mélange de l’univers de Björk et de celui du l’Amphithéâtre de Fourvière risque d’être magique.

 

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