Archives de catégorie : Société

Spotlight, the heart of a disturbing investigation

When I first heard about the film Spotlight, I was a little bit unsure. Most films paint a clichéd picture of journalism; journalists attending VIP parties and digging for scoops… But when I learned that Spotlight had received 5 Oscar nominations and that it follows in a rich American tradition of investigative journalism films, I decided to give it a chance.

I was not at all disappointed, indeed I was pleasantly surprised. The adjectives that come to my mind when I think of this film are: humble, sincere, sober and magic. Everything is central to the main plot: the investigation. Here, no need to have a love story, a main character or a special effect.

The film is based on a true story, the Pulitzer Prize winning Boston Globe investigation, which uncovered an unprecedented scandal in the Catholic Church. Over a 12 month period a team of journalists investigated rumours of sexual abuse within one of the world’s oldest and most respected institutions. The investigation revealed a city-wide, systematic cover up of abuse, sanctioned by the upper echelons of the church, and acted as a catalyst for a wave of subsequent revelations throughout the world.

A quest for the truth rather than a search for a scoop

The director, Tom McCarthy chooses excellent actors in Mark Ruffalo, Michael Keaton, Rachel McAdams and Stan­ley Tucci. None of them try to be the star of the film. The journalists are not portrayed as knights in shining armour, but simply as people who work day and night and advance slowly but surely with their investigation. Tom McCarthy puts across an unfiltered image of the every day aspects of their jobs. This is far from the search for a scoop at all costs, but more a quest for the truth. The journalists are above all human beings. Gradually, as they discover the extent of the scandal of paedophile priests in Boston, emotions grow in them: anger, disgust, shame, fear, etc. Especially when they realise that the Church was aware of everything and not just let it happened, but actively hid it to protect their reputation.

The film viewers can feel the suspense as they get closer towards revealing their story. As a journalist and a human being, I felt ill at ease, angry and disgusted, exactly like the characters of the film. How something like that can happen in an institution, which proclaims the love of others and respect for moral values? These predators have destroyed entire lives, something that comes across clearly in the scenes where the victims are interviewed.

At a time when print journalist is nearing extinction, a film such as this one shows us the importance, the power and the need for a free and independent press. This film is an advocacy for journalism and it feels good.

Une Bretagne aux 1000 visages

Lorsque l’on choisit l’hôtel ou le camping pour ses vacances, il est difficile de rencontrer des locaux, à part à travers des discussions à bâtons rompus avec l’agent de l’office du tourisme, le boulanger ou notre voisin de plage qui nous a malencontreusement envoyé du sable en secouant sa serviette et qui a de fortes chances d’être un « simple » touriste, comme nous.

 

Hisilicon K3

Pour pallier cela ainsi que pour des raisons économiques, nous avons décidé, avec mon ami, d’avoir recours à Air bnb pour notre séjour de deux semaines en Bretagne. Hébergés par huit personnes pendant notre périple, nous en gardons des histoires de vie, des regards bienveillants et / ou critiques sur la Bretagne, des solitudes, des besoins de se confier à des inconnus et de partager. Voici quatre mini portraits illustrant la diversité de la région Bretagne et de la richesse d’une rencontre.

 

Nadine, l’expatriée qui revient au pays

Après plusieurs heures de voiture, nous arrivons à Dinard chez Nadine*. Nous n’aspirons qu’à une chose : prendre une bonne douche avant d’aller se promener tranquillement. Mais c’est sans compter sur l’incroyable énergie de notre hôte du jour qui nous propose d’emblée une « petite » balade. « Prenez des bonnes baskets, ça grimpe légèrement » nous annonce t-elle avec un grand sourire. Et nous voilà partis pour une randonnée de 2h30, avec des dénivelés dignes de grands sportifs ! Nadine a besoin de se raconter et nous parle de son parcours atypique. Mariée à un Anglais, elle l’a suivi à Londres puis en Australie où ce dernier travaillait dans la finance. Un profil radicalement opposé au sien : baroudeuse, photographe et photojournaliste. « On s’aimait mais je savais au fond de moi que nous ne vieillirions pas ensemble ». Un jour, après 20 ans passés en Australie, elle en a eu assez de jouer un rôle en participant aux soirées mondaines de son désormais ex-mari. Ce n’était définitivement plus sa place. Elle a décidé de revenir à ses racines,  sa « hometown » comme elle appelle sa ville. Elle a laissé à Sidney ses deux enfants de 19 et 20 ans qui sont « de vrais petits australiens », ses fiertés. L’un est baroudeur et milite pour les conditions des aborigènes quand l’autre est étudiant en commerce.

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Je serai Charlie !

Sept janvier 2015. 11h30. Le choc. L’incompréhension. Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Wolinski, Elsa Cayart, Bernard Maris, Franck Brinsolaro, Mustapha Ourrad, Michel Renaud, Frédéric Boisseau, Ahmed Meranbet. Ils sont tous morts. La colère. La rancœur.

707192-une-charlie-pngLes frères Kouachi n’ont pas tué des hommes, ils ont tué des symboles. Les journalistes du très satirique Charlie Hebdo représentaient à eux seuls la liberté d’expression. Ils se seront battus jusqu’au bout. Constamment menacés de mort et au bord du gouffre financier, les journalistes et caricaturistes de Charlie préféraient mourir debout que vivre à genoux. Leur crédo ? Tourner en dérision les laideurs de notre monde.

Bien sûr, on peut critiquer ce journal. Certains le qualifient de choquant, vulgaire, insolent,… Qu’importe ! Il a le droit d’exister. Il a même le devoir d’exister. La présence d’un tel média est synonyme d’une démocratie saine. Je suis de ceux qui pensent que l’on peut rire de tout et même que l’on doit rire de tout. Y compris de la religion. Le blasphème n’existe pas en France et c’est tant mieux.

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